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burn-outNeuroatypie5 janvier 2022Trouver sa place en entreprise quand on est neuroatypique

A l’instar de la nouvelle tendance à parler de neurodiversité ou multi-potentialité, à l’image du divertissement avec la neuroatypie qui s’invite jusqu’à nos écrans avec des séries comme « On the spectrum », « Astrid et Raphaelle », « Atypical ». Il n’est pas rare d’entendre de grandes entreprises prôner l’importance de la diversité. Certaines en font même une ligne directrice dans leurs processus de recrutement. La neurodiversité n’y échappe pas et devient même une nouvelle tendance au cœur des préoccupations pour de nombreux services de ressources humaines. L’idée ? Recruter des profils dits neuroatypiques : Hauts potentiels, Asperger ou encore personnes qui souffrent de formes d’autisme de haut niveau. L’enjeu : ouvrir le monde de l’entreprise à des profils atypiques. Si l’on voit d’un bon œil cette nouvelle tendance de recrutement, il est parfois difficile pour ces salariés différents de trouver leur rythme. Trouver sa place en entreprise quand on est neuroatypique : est-ce possible ? Voyons ce qu’il en est !

Qu’est-ce que la neuroatypie ?

Notre société induit, malgré elle, une volonté presque administrative de mettre les personnes dans des cases. Le profil neurologique et la personnalité n’y échappent pas. Le terme de neuroatypie date des années 90, période pendant laquelle l’étude des neurosciences s’est fortement développée. Avant cette date, les spécificités des neuroatypiques étaient méconnues ou classées dans la catégorie psychotique. C’est ce qu’on appelle communément la neurodiversité. Pour mieux comprendre, on peut distinguer deux profils :

  • Les neurotypiques : les personnes considérées comme étant dans la norme d’un point de vue neurologique et qui ne présentent aucune condition ou affection particulière
  • Les neuroatypiques : les personnes porteuses d’une atypie ou une différence neuro-fonctionnelle.

Il faut garder à l’esprit qu’une neuroatypie est seulement synonyme de différence. Il ne remet pas en cause les capacités physiques ou intellectuelles !

Qui sont ces personnes neuroatypiques ?

Après la description du concept de neuroatypie, traitons un peu plus en détail de leurs spécificités. Dans les faits, les profils neuroatypiques sont très variés. Il existe autant de forme de neuroatypie que de neuroatypique. Cependant différentes conditions peuvent être regroupées dans des « catégories » spécifiques. Notamment :

  • Les personnes DYS : dyslexiques, dyspraxiques, dysorthographiques, dyscalculiques… Qui souffrent généralement d’un trouble spécifique de l’apprentissage et de difficultés associées.
  • Les TDAH : personnes qui souffrent d’un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité
  • Les troubles du spectre autistique dont le  syndrome d’Asperger fait partie
  • Les personnes haut potentiel : Haut potentiel émotionnel (HPE), haut potentiel intellectuel (HPI), surdoués, zèbre

Certains spécialistes estiment que les personnes atteintes de troubles psychiques appartiennent également à ces profils neuroatypiques ou tout du moins qu’ils peuvent être confondu lors d’un diagnostic psychiatrique ou psychologique par un praticien n’étant pas spécialisé dans ces troubles : personnes bipolaires, personnes schizophrènes, personnes qui souffrent de troubles obsessionnels compulsifs n’en sont que des exemples.

Neuroatypies et tests diagnostic

La question a longtemps était de savoir si la neuroatypie était  une maladie ou plutôt une condition neurofonctionnelle. L’imagerie médicale permet aujourd’hui de prouver que les profils neuroatypiques disposent d’un système différent pour traiter les informations. Il ne s’agit pas d’une maladie. Les connexions neuronales pourraient être dans certaines conditions plus nombreuses. C’est le cas par exemple des personnes autistes.

S’il existe aujourd’hui quantité de tests et de praticiens formés et spécialisés à ces questions, il faut rester vigilant. Il existe aujourd’hui une tendance au surdiagnostic, notamment au travers des « auto-diagnostics » réalisés sur internet. Cela s’explique entre autres par l’essor du web et des recherches médicales sur internet. Si nous avons tous des particularités, nous ne sommes pas tous neuroatypiques ! A l’inverse, beaucoup de neuroatypiques, notamment qui ont pu compenser leur difficulté grâce à leur haut potentiel intellectuel, s’ignorent et pensent que leurs difficultés quotidiennes sont ordinaires. Ces personnes apprennent leur singularité lors du diagnostic de leur enfant ou bien suite à une rupture professionnelle, comme un burn-out.

Neuroatypie en entreprise

Comme expliqué précédemment, la neurodiversité est une des nouvelles préoccupations en termes de recrutement. Les revendications publiques de nos différences par des journées de sensibilisation ou des manifestations, sont un phénomène de société. C’est ce que la sociologue Brigitte Chamak appelle d’ailleurs « l’éloge de la différence ». Les entreprises cherchent, elles aussi, à faire ce pas vers l’acceptation de la différence. Dans la réalité et malgré des évolutions évidentes, la neuroatypie en milieu professionnel reste une condition difficile à appréhender. Les entreprises peinent encore à s’adapter. Les difficultés d’adaptation de ces profils d’employés neuroatypiques sont réelles. Très souvent dans « l’hyper » : hyperperformance, hypervigilance, hypersensorialité, hypercognition, hyperémotivité, hyperadaptation… Les émotions du quotidien et l’adaptation permanente sont difficiles à vivre et augmentent considérablement le risque de burnout.

Conseil pour vivre mieux sa neuroatypie en entreprise

On pense à tort qu’une différence est nécessairement stigmatisante. Pourtant, miser sur sa singularité et optimiser son potentiel est un vrai atout pour s’adapter en entreprise quand on est neuroatypique ! Malgré tout, certaines spécificités neurofonctionnelles entraînent des difficultés : pensée en arborescence, hypersensibilité à certains stimuli, problème d’adaptation sociale ou environnementale… Les conséquences d’une neuroatypie peuvent cependant être apprivoisées grâce à quelques mesures simples à mettre en place. Ces mesures doivent être prises par l’entreprise, mais également par l’employé neuroatypique. Voici quelques pistes de réflexion :


      • Organiser son espace de travail si possible clos sans open space pour limiter l’hyperstimulation sensorielle et cognitive
      • Autoriser des pauses et des moments de calme avec possibilité de s’isoler et travailler à son rythme
      • Éviter le travail répétitif, privilégier des tâches qui ont du sens
      • Établir des règles et des procédures  constantes et stables dans le temps
      • Apprendre à communiquer sur ses difficultés pour éviter les mécanismes compensatoires et le masking

Conclusion pour mieux vivre sa neuroatypie en entreprise

L’idée est d’obtenir un cadre de travail serein, de limiter le stress réactionnel et les situations susceptibles de provoquer un inconfort chez la personne neuroatypique. En effet, les conséquences d’un burnout chez une individu neuroatypique peuvent être dramatiques.

Trouver sa place en entreprise quand on est neuroatypque est une chose difficile, mais loin d’être impossible. Il faut accepter sa différence qui est une richesse pour l’entreprise. Cette singularité ne doit en aucun cas être stigmatisée ou montrée du doigt bien au contraire. Être neuroatypique, présenter des spécificités neurofonctionnelles est un atout, une autre façon de penser et de voir le monde. L’entreprise a tout à gagner à accueillir les solutions créatives et innovantes qui peuvent être apportées par les neuroatypiques. Il est tout à fait possible de profiter d’une vie professionnelle sereine lorsque l’on prend le parti d’adapter son poste à cette condition particulière et non l’inverse à condition bien sûr d’avoir conscience de sa singularité. Il serait également nécessaire de former les managers et les ressources humaines des entreprises à reconnaître et identifier les personnes neuroatypiques afin de les accompagner correctement. Voilà pour cet article sur la neuroatypie en milieu professionnel. N’hésitez pas à consulter les articles dédiés au burnout ainsi qu’au burnout autistique qui est une préoccupation majeure pour les personnes neuroatypiques.

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